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Attention au colliculus !

lundi 14 avril 2014

par Agnès Vernet

Une anomalie neurobiologique provoque chez la souris des comportements très semblables aux symptômes du trouble du déficit de l’attention (TDA).

L’origine du TDA, un trouble neurocomportemental qui touche entre 4 et 8 % des enfants, est encore un mystère. Des chercheurs du CNRS, de l’Inserm et de l’Université de Strasbourg proposent un nouveau modèle de TDA centré sur des anomalies neurobiologiques du colliculus supérieur, une structure du cerveau moyen impliquée dans l’orientation visio-spatiale, le contrôle des mouvements et l’attention. Des souris « knock-in Isl2-EphA3 » avec une expression altérée de deux gènes codant un facteur de transcription et un récepteur tyrosine-kinase, tous deux impliqués dans le développement neuronal, présentent des modifications morphologiques du cerveau : les projections entre la rétine et le colliculus supérieur sont dupliquées, ce qui provoque une hyperstimulation visuelle de ce dernier. Les chercheurs observent aussi que les animaux présentent une accumulation de noradrénaline dans la couche cellulaire superficielle de la structure du cerveau moyen.
En soumettant les animaux à des tâches comportementales impliquant une activité colliculaire, les chercheurs ont mis en évidence des anomalies spécifiques de l’attention : les souris manifestent une perte d’inhibition qui se traduit par une facilité à pénétrer des environnements hostiles. Elles montrent des difficultés à acquérir de nouvelles informations et agissent avec plus d’impulsivité que les animaux contrôles. En revanche, les animaux knock-in Isl2-EphA3 n’ont pas de troubles de la motivation ou de l’apprentissage visio-spatial. Un ensemble de manifestations qui évoque les symptômes du TDA. Les chercheurs estiment que le défaut d’inhibition des souris est directement lié à l’accumulation de noradrénaline.
Alors que les modèles animaux mimant le TDA se concentraient jusqu’à présent sur les anomalies des voies dopaminergiques, ces travaux mettent en lumières l’influence de la noradrénaline et de l’activité du colliculus supérieur. C’est la première fois qu’une altération neurobiologique est aussi clairement liée au TDA. Ces travaux initient un nouvel axe de recherche pour comprendre et traiter ce trouble neurocomportemental.

Mathis C et al. (2014) Brain Struct Func, doi:10.1007/s00429-014-0745-5

Colliculus supérieur (en bleu) innervé par les axones issus de la rétine (en rouge).
© Michael Reber/Institut des neurosciences cellulaires et intégratives

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