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CRISPR en crise de spécificité

mardi 25 juin 2013

par Agnès Vernet

La nucléase guidée par ARN ne se contenterait pas d’induire des mutations sur les séquences ciblées.

Depuis sa découverte, en 2012, le système de défense anti-infections des bactéries CRISPR a largement diffusé au sein de la communauté des biotechnologies. Adapté, cet outil permet d’induire facilement et rapidement des mutations ciblées sur plusieurs sites génomiques simultanément. Cette nucléase guidée par ARN a, ainsi, fait ses preuves sur des cellules de drosophile, de souris, de poisson zèbre, humaines et même pluripotentes induites. La spécificité de CRISPR n’avait cependant pas fait l’objet d’études approfondies.
Souhaitant combler cette lacune, une équipe de recherche du Massachusetts General Hospital a révélé une faille majeure dans le système : la sonde ARN de 20 nucléotides qui guide la nucléase tolère des mésappariements d’un ou deux nucléotides. Elle provoque aussi, au niveau de séquences particulières, des mutations sur des sites variant significativement – jusqu’à cinq nucléotides – de la séquence cible. Les taux de mutation « hors-cible » peuvent ainsi être comparables voire supérieurs à ceux mesurés sur les sites visés.
Si elles doivent encore être confirmées, ces découvertes remettent déjà brutalement en cause l’utilisation de ce système à des fins thérapeutiques, à moins, évidemment, qu’un système CRISPR 2.0 ne garantisse la spécificité des sites ciblés.

Fu Y et al. (2013) Nat Biotechnol, doi:10.1038/nbt.2623

© Apers0n via Wikimedia Commons

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