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Ces mères qui gardent un peu de leur fils en tête

lundi 1er octobre 2012

par Agnès Vernet

Le lien entre une mère et son fils est fort. Tellement puissant qu’il laisse des traces… d’ADN jusque dans le cerveau maternel.

Une mère garde toujours en tête son fils et parfois l’ADN de ce dernier. Une équipe américaine de l’Université de Washington, à Seattle, a mis en évidence de l’ADN masculin dans le cerveau de femmes (1). Ce n’est pas la première fois que de l’ADN ou des cellules fœtales sont identifiées chez des mères. Cette persistance biologique est appelée microchimérisme, un phénomène observé dans différents tissus maternels (2) jusque dans les cerveaux de souris (3).
Les biologistes américains ont étudié les cerveaux de 26 femmes décédées sans antécédents neurologiques et de 33 femmes diagnostiquées pour la maladie d’Alzheimer avant leur décès. Une PCR quantitative a révélé la présence du gène DYS14, spécifique du chromosome Y dans 63 % des cas. L’ADN masculin a ainsi été repéré dans toutes les grandes régions neurologiques, du cerveau à la moelle épinière en passant par le cervelet.
Durant la grossesse, de nombreux paramètres biologiques sont modifiés chez la mère. La perméabilité de la barrière hémato-encéphalique est augmentée, ce qui semble la cause de ce phénomène. Néanmoins, les conséquences du microchimérisme en général restent assez obscures.
Ainsi, différentes études ont corrélé le microchimérisme avec le diagnostic de maladies auto-immunes, comme la polyarthrite rhumatoïde (4), ou avec un phénomène de protection contre des tumeurs (5).
Dans cet article, les auteurs décrivent une légère surprévalence du microchimérisme chez les femmes souffrant de la maladie d’Alzheimer, mais la puissance statistique de cette étude ainsi que le manque d’informations précises sur les antécédents de grossesse des femmes ne permettent pas de tirer de conclusions claires. Il reste aussi à découvrir quelles sont les cellules fœtales à l’origine de cet ADN.

(1) Chan WFN et al. (2012) PLoS ONE 7, e45592
(2) Khosrotehrani K et al. (2004) J Am Med Assoc 292, 75–80
(3) Tan XW et al. (2005) Stem Cell 23, 1443–52
(4) Gammill HS, Nelson JL (2010) Int J Dev Biol 54,531-43
(5) Fugazzola L et al. (2011) Nat Rev Endocrinol 7, 89-97

© Pendethan via Wikimedia Commons

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