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Chromosome Y : deux gènes suffisent pour procréer

vendredi 22 novembre 2013

par Agnès Vernet

Le chromosome Y n’a besoin que de deux gènes pour participer à une procréation réussie par micro-injection de spermatides.

Dans la course au Y minimal, l’équipe de Monica Ward à l’Université d’Hawaii n’en est pas à son coup d’essai. Les chercheurs prouvé en 2009 qu’il est possible d’obtenir des souriceaux vivants à partir du sperme d’un mâle infertile dont le bras long du chromosome Y a été tronqué. Il a fallu pour cela passer par l’injection intracytoplasmique d’un spermatozoïde pour réussir la fécondation, les cellules germinales mâles portant la délétion étant immobiles. D’après les nouveaux travaux, ne garder que le bras court du chromosome Y, c’est encore avoir une grande marge de manœuvre. Les scientifiques ont réussi à obtenir une portée de souris issues d’un mâle dont le chromosome Y se réduisait à deux gènes : celui du facteur de détermination testiculaire Sry et celui du facteur de prolifération spermatogoniale Eif2s3y.
Évidemment, les cellules germinales ainsi transformées ne sont pas indemnes : si on réduit un chromosome à ces deux seuls gènes, on obtient des cellules immobiles et même immatures. Pour donner naissance à des souriceaux, les chercheurs ont donc dû utiliser une autre approche d’aide à la procréation : la micro-injection de spermatides rondes.
Cette technique est l’objet d’une vive polémique au sein de la communauté d’experts, à la fois au sujet de sa sécurité mais aussi au regard du raisonnement éthique, les progénitures mâles étant forcément stériles. Elle n’est donc aujourd’hui qu’un protocole de laboratoire. Les chercheurs précisent d’ailleurs que leur recherche n’a pas vocation à initier le développement de nouvelles méthodes d’aide à la procréation humaine. Ce n’en est pas moins une découverte très importante pour l’étude du chromosome Y, dont on maîtrise très mal la génétique spécifique. À partir de ce modèle, il sera possible d’ajouter un ou plusieurs gènes pour étudier les fonctions des gènes propres au chromosome mâle.

Yamouchi Y et al. (2013) Science, doi:10.1126/science.1242544

Micromanipulation des ovocytes et des spermatides rondes sous microscope.
© Monika Ward

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