Accueil du site > MEDTECH > Contrôler la repousse des dents

Contrôler la repousse des dents

mardi 14 mai 2013

par Agnès Vernet

L’étude des mécanismes sous-jacents au renouvellement des dents chez l’alligator américain pose les premières pierres d’une médecine dentaire régénératrice.

Quand on est stomatophobe – avoir peur du dentiste –, on en vient parfois à envier les nombreux vertébrés capables de faire repousser leurs dents. On rêve d’en finir avec la fraise et autres turbines et que les dentistes maîtrisent enfin les cellules souches. Encore faut-il les identifier. Or la genèse des dents reste un phénomène mystérieux.
Des chercheurs des universités américaines de Californie du Sud, à Los Angeles, et de Georgie, à Athens, en collaboration avec l’Université nationale de Taiwan à Taipei, proposent d’utiliser l’alligator américain (Alligator mississippiensis) comme modèle d’étude. Cette espèce de crocodile possède une dentition organisée comparable à celle des mammifères et peut régénérer une dent jusqu’à 50 fois pour les animaux les plus âgés. Comme nous, les crocodiles possèdent un palais secondaire et des os dentaires creux. Ils sont donc de bons candidats pour l’exploration du renouvellement des dents.
En révélant les mitoses à différentes étapes du développement des dents, les biologistes ont identifié le tissu où nichent les précurseurs odontogéniques : la lame dentaire, un épithélium à l’interface de la dent et de la gencive. Morphologiquement, chaque unité dentaire est composée d’une dent fonctionnelle, d’une dent fille et d’une lame dentaire. L’ensemble forme l’unité familiale complexe de la dent. D’après ces premières données, l’initiation de la formation d’une nouvelle dent fait appel à la β-caténine, donc à la voie Wnt, mais aussi à des signaux cellulaires impliqués dans la différenciation neurale, comme la molécule d’adhésion cellulaire ténascine-C.
Sachant qu’après la pousse des dents définitives, l’homme conserve un résidu de lame dentaire, ces travaux sont peut-être l’aube d’une nouvelle forme de médecine dentaire : l’odontologie régénératrice.

Wu P et al. (2013) Proc Natl Acad Sci USA,
doi:10.1073/pnas.1213202110

L’organisation des dents des alligators ressemble à celle des mammifères.
© Cheng-Ming Chuong/PNAS

SPIP Contact | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0 | mentions légales | logo Lavoisier logo facebook logo twitter Se connecter