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L’ADN, l’avenir du stockage de données ?

vendredi 17 août 2012

par Agnès Vernet

Trois chercheurs américains ont encodé 5,27 mégabits en acides nucléiques. Au vu de la baisse des coûts du séquençage de l’ADN, l’idée semble pertinente.

Et si le meilleur moyen de stocker des données n’était ni dans notre bibliothèque ni dans un serveur informatique mais dans nos cellules ? Car finalement, voilà un système qui a largement fait preuve de son efficacité. Il existe depuis que la vie est vie, il permet de transmettre une information sur plusieurs générations et il la conserve pendant des milliers d’années si les conditions s’y prêtent.
George Church, de la Harvard Medical School, Yuan Gao, de l’Institut Wyss pour l’ingénierie bio-inspirée, et Sriram Kosuri, de l’Université Johns Hopkins, ont donc développé cette idée, allant jusqu’à archiver un livre de 53 000 mots, 11 images et un programme Java dans quelques brins d’ADN. Le détail de leurs travaux est paru dans Science, le 16 août 2012.
Les trois biologistes ont ainsi stocké 5,27 mégabits d’information dans des petits fragments d’ADN ordonnés sur des micropuces, recourir à des cellules et donc des systèmes vivants étant inutile pour simplement gérer des données. L’encodage de longs fragments étant périlleux, George Church et ses collaborateurs ont travaillé avec de petites séquences auxquelles ils ont ajouté un code de 41 nucléotides afin d’organiser les différents fragments les uns par rapport aux autres, toutes les séquences code étant compilées dans un répertoire. Bien que le système à quatre bases crée une puissance de compression inégalée, les auteurs de l’article ont préféré se limiter au code binaire afin de restreindre les erreurs. Ainsi, les bases A et C représentaient 0 tandis que G et T valaient 1.
Le système n’est néanmoins pas exempt de fautes mais, sur les 5,27 mégabits encodés, seuls 10 bits ont été identifiés comme incorrects. Les auteurs suggèrent qu’un système où l’information serait répétée à travers plusieurs copies permettrait de corriger ce défaut.
Mais que les fanatiques du disque dur se rassurent, l’ADN ne devrait pas remplacer vos gigaoctets électroniques. Les délais pour stocker puis récupérer l’information sont trop grands pour envisager un système biologique comme mémoire vive. Néanmoins, au vu de la baisse continue des coûts de séquençage et d’encodage, l’ADN pourrait très vite constituer une méthode pertinente d’archivage. D’autant qu’un seul gramme d’acide nucléique peut contenir plus de 455 milliards de gigabits…

Church GM et al. (2012) Science, doi:10.1126/science.1226355

À lire aussi : La sauvegarde ADN se précise sur la méthode de Nick Goldman publiée en janvier 2013.

© Silky M via Wikimedia Commons

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