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La thérapie cellulaire entre dans l’ère industrielle

jeudi 12 septembre 2013

par Agnès Vernet

Le 10 septembre 2013, LFB et sa filiale CELLforCURE ont inauguré la première plateforme industrielle de thérapie cellulaire.

Cocorico ! La première plateforme industrielle de thérapie cellulaire d’Europe est en France. « Vive le LFB ! Vive le redressement productif ! Vive la République française ! », a même clamé Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif, en charge de l’industrie, lors de l’inauguration de CELLforCURE, la filiale industrielle du Laboratoire français du fractionnement et des biotechnologies (LFB) qui coordonne le projet. La biotech publique a ainsi investi 18 millions d’euros (M€) dans une structure industrielle dont le budget global de construction s’élève à 80 M€. Les aides publiques, issues de la Banque publique d’investissement, représentent 30 M€ et l’enveloppe se finalise grâce aux autres partenaires – les biotechs Celogos et Clean Cells, l’Établissement français du sang, les CHU de Bordeaux, Nantes et Toulouse, le CHRU de Lille, la Banque de tissus et de cellules et les Hospices civils de Lyon. « L’équipe de France de thérapie cellulaire a décidé de jouer groupée ! », a souligné Christian Béchon, président du LFB, lors de l’inauguration du site.
Et nous voilà doté d’un équipement industriel à vocation continentale. Capable de produire jusqu’à 5 000 lots thérapeutiques par an – sur la base d’un temps moyen de procédure égal à un mois –, la plateforme construite aux Ulis, dans l’Essonne (91), est ouverte à tous les protocoles de thérapies cellulaires issus d’une recherche privée ou publique, à l’échelle du continent. La thérapie cellulaire, qui reste le plus souvent encore autologue – transformation des cellules du patient –, nécessite une logistique très rigoureuse et ne peut supporter un transport supérieur à 72 heures pour les types cellulaires les plus robustes. L’usine de CELLforCURE se propose donc d’industrialiser et de mettre en œuvre les protocoles que ses clients ou partenaires lui confiront pour des patients installés en Europe. Afin d’étendre les thérapies cellulaires développées sur le Vieux continent à l’Amérique du Nord, la filiale du LFB a signé, dès l’inauguration, un partenariat avec la société canadienne HemaQuebec dont la plateforme industrielle « miroir » de celle de CELLforCURE ouvrira ses portes au printemps 2014.
Pour l’heure la plateforme française achève sa qualification réglementaire. Elle prévoit de sortir ses premiers lots de cellules à la fin de l’année 2013. À terme, elle comprendra huit lignes (suites) de fabrication qui permettront de mener huit protocoles parallèles. Chaque suite comprend six boxes, soit la possibilité de travailler sur six lots simultanément. CELLforCURE a aussi anticipé le développement des protocoles allogéniques et possède une suite dédiée à ces programmes. Enfin, elle mène un large programme d’automatisation qui réjouit Pierre-Noël Lirsac, président de la filiale, à la fois pour le potentiel d’économie qu’il représente mais aussi pour la préparation des cellules adhérentes dont l’utilisation en thérapie cellulaire est particulièrement complexe.
En clair, en tant qu’établissement public, la plateforme de CELLforCURE se doit d’être prête à accueillir tous les procédés, tous les types cellulaires. Elle développe déjà cinq projets publics dont un produit d’immunothérapie cellulaire anticancer issu du CHU de Nantes, actuellement en essai clinique de phase III. Or la plateforme industrielle ne se contentera pas d’accompagner des projets en développement, elle se positionne d’ores et déjà en partenaire indispensable des futures mises sur le marché.

Arnaud Montebourg parmi les acteurs de la création de CELLforCURE.
© Philippe Jacob/DCO-Australie-Even

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