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Un virus américain cherche des noises aux écureuils européens

mardi 25 février 2014

par Agnès Vernet

Un virus porté par les écureuils américains menace leurs cousins britanniques.

Entre la disparition de leur habitat et la compétition liée à l’invasion de l’écureuil gris (Sciurus carolinensis), qui colonise les îles britanniques depuis environ un siècle, la survie des populations de l’écureuil roux (S. vulgaris), l’espèce native du Royaume-Uni, est compromise. Pour aggraver le tableau, le squirrelpox virus (SQPV) apporté par S. carolinensis décime les populations locales de rongeurs. Ce virus tue très rapidement S. vulgaris quand son congénère américain est infecté de manière asymptomatique. Des recherches menées à la Queen’s University de Belfast, en Irlande du Nord, démontrent que le virus peut être transmis selon de nombreux modes ce qui favorise son pouvoir dévastateur. Urines, même sèches, parasites des écureuils ou fluides des animaux malades… Ce virus émergent s’adapte à toutes les situations. La cartographie des zones touchées par le SQPV révèle qu’environ 8 % des écureuils des deux espèces en sont porteurs et que 22 % des animaux possèdent les anticorps permettant de lutter contre la maladie. Chez S. vulgaris, la prévalence de ces anticorps chute à 2,5 %.
Sachant que le SQPV accélère – jusqu’à 25 fois ! – le remplacement des écureuils roux par les gris, il semble urgent de comprendre le phénomène et de développer des méthodes de lutte. Ces recherches révèlent l’ampleur du travail que les écologues britanniques devront accomplir pour permettre la conservation de S. vulgaris.

Collins LM et al. (2014) PLoS ONE, doi:10.1371/journal.pone.0089521

S. vulgaris
© Queen’s University of Belfast

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