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Une génomique archaïque

mercredi 23 janvier 2013

par Agnès Vernet

L’étude d’échantillons d’ADN datant de 40 000 ans éclaire l’expansion humaine sur le continent asiatique.

Des biologistes de l’Académie des sciences chinoise et des Instituts Max Planck d’anthropologie évolutionnaire, à Leipzig, et de biologie développementale, à Tübingen, ont donc étudié l’ADN du squelette de Tianyuan, des ossements d’humain moderne (Homo sapiens) découverts en 2003 dans la grotte de Tianyuan, à 50 kilomètres de Pékin.
Des prélèvements d’os ont tout d’abord permis d’isoler les ADN mitochondrial et nucléaire. Puis l’étude des désaminations des cytosines a mis en évidence un motif de dégradation cohérent avec un ADN ancien. Tout suggère donc que les échantillons ne sont pas contaminés et correspondent au génome d’un seul individu, vieux de près de 40 000 ans. Les prélèvements ne contenant que 0,03 % de matériel génétique, les biologistes ont appliqué une méthode d’enrichissement par hybridation pour séquencer une partie du chromosome 21 et plusieurs loci sièges de polymorphismes.
Les données génomiques obtenues montrent que cet humain dérive d’une population à l’origine des hommes modernes d’Asie et d’Amérique. Il apparaît aussi qu’il ne partage pas plus de caractéristiques génétiques avec les hommes de Néanderthal et de Desinova que les populations actuelles de cette région chinoise. Pourtant, les premières analyses morphologiques suggéraient une apparence marquée par des « traits archaïques ».
Ces éléments prouvent que l’individu provient des migrations de l’homme moderne à travers le continent asiatique. Il s’avère que sa proximité avec des espèces humaines aujourd’hui disparues est assez faible, même s’il a vécu la transition évolutionnaire qui conduira à l’extinction des autres espèces humaines. Sa parenté avec l’ancêtre des populations natives d’Amérique et d’Asie indique qu’il appartient à une branche d’hommes ayant déjà divergé de celle des ancêtres des populations européennes.

Fu Q et al. (2013) Proc Natl Acad Sci USA,
doi:10.1073/pnas.1221359110 (à paraître)

Fémur gauche et tibia droit utilisés pour extraire l’ADN du squelette de Tianyuan
© MPI for Evolutionary Anthropology

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